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  • Luttons tout de suite contre la pollution de l'air
En France, la route tue davantage par la pollution qu'elle engendre que par les accidents de la circulation. Le nombre de décès annuels dus aux accidents de la route est, après d'importants efforts, maintenant inférieur à 4 000 (une diminution de 60 % en une vingtaine d'années), alors que la pollution atmosphérique est impliquée dans 20 000 à 40 000 décès chaque année, dont plus de la moitié pour la pollution due au trafic routier. La majorité des décès surviennent par maladie cardiovasculaire, mais aussi par des maladies respiratoires, ainsi que par cancer. Les études épidémiologiques humaines et la toxicologie animale donnent des résultats convergents. Le Centre international de recherche sur le cancer a ainsi classé cette année les particules fines diesel comme des carcinogènes certains pour l'homme. L'Institut national du cancer rapporte que les particules fines diesel seraient responsables d'environ 1 000 à 1 500 nouveaux cas de cancer du poumon en France sur les 39 500 nouveaux cas estimés en 2011. L'Institut de veille sanitaire (InVS) a récemment rappelé que l'espérance de vie était diminuée de 4 à 8 mois dans les grandes agglomérations, par rapport à ce qui est attendu si le niveau de pollution recommandé par l'Organisation mondiale de la santé était respecté. Le coût financier, incluant les journées de travail perdues, est de l'ordre de 30 milliards d'euros par an en France. Tout euro investi pour faire diminuer la pollution atmosphérique est plusieurs fois remboursé par le gain sanitaire et économique résultant de cette diminution.
Or, les concentrations de particules fines et d'oxydes d'azote ne baissent pas, ou très lentement, comme le constate le bilan de la qualité de l'air publié par le ministère de l'écologie sur la période 2000-2011. Ce sont ces particules, et surtout les plus fines d'entre elles, qui sont d'après les connaissances actuelles les plus nocives, au sein des polluants présents dans l'air de nos villes.
Dans les zones urbaines, où la population est la plus dense, les principales sources locales de particules sont le trafic routier et le chauffage urbain. Logiquement, une des mesures clés est de restreindre la circulation d'une partie des véhicules, en ciblant généralement les plus polluants. Cela revient à considérer que, de même que les véhicules circulant avec des freins défectueux, les véhicules polluant beaucoup pour transporter peu de monde sont dangereux et que leur circulation doit être restreinte. C'est le principe des zones à faibles émissions (ou LEZ, pour Low Emission Zones en anglais), mises en place dans différents pays européens depuis la fin des années 1990.
La France s'était engagée dans cette voie en 2011 et avait prévu une "expérimentation" des zones à faibles émissions sous le nom de ZAPA, pour Zones d'actions prioritaires pour l'air. Il s'agissait aussi de la réponse apportée à l'Union européenne, qui a engagé une procédure contre notre pays pour non-respect des valeurs prescrites pour les particules (PM10).
Cette expérimentation ZAPA semble actuellement au point mort dans de nombreuses villes – Paris mis à part – avant même que toutes les leçons aient pu en être tirées. Certains considèrent apparemment la mesure peu efficace et injuste.
Mais restreindre le trafic de certains véhicules peut y contribuer. L'Ademe évalue que les zones à faibles émissions européennes ont permis d'entraîner une réduction des émissions locales de particules allant dans certaines villes jusqu'à 40 % ; l'efficacité est meilleure pour les particules issues du trafic, considérées plus nocives. La limitation de la vitesse, ponctuelle ou permanente, n'est pas aussi efficace, de même que toute mesure qui ne ciblerait que les périodes de "pics" de pollution, ce que souligne le Haut conseil de la santé publique.

Bibliographie:
Nom du site: Le monde
Consulté le: 9/12/12
Disponible sur: http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/15/luttons-tout-de-suite-contre-la-pollution-de-l-air_1790832_3232.html
   

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